Travail collaboratif : où en sont les entreprises françaises ?

Avril 2018 Amélie MARLIER Ecrit par
Amélie MARLIER
Responsable communication & marketing

Travail collaboratif : où en sont les entreprises françaises ?

Leaseo était à la présentation de l'étude Ipsos / Open Mind Kfé sur le collaboratif en entreprise. L'occasion de faire le point sur cette nouvelle pratique qui fait son chemin dans les entreprises françaises.

Quelle perception en ont les employés ? Est-ce une pratique répandue au sein des entreprises françaises ? Sans surprise l'étude révèle que le travail collaboratif est en progrès dans la majorité des entreprises ; cependant elles n'en bénéficient pas toutes de la même façon.

LE TRAVAIL COLLABORATIF : PARTAGE DE COMPÉTENCES ? LEVIER DE PERFORMANCE ?

Pour commencer, comment pourrait-on définir le travail collaboratif ?  Le collaboratif en entreprise désigne avant tout un état d'esprit, des valeurs de partage de compétences, d'échanges et d'ouverture. On parle de culture de la collaboration. De l'humain donc. Ou des humains plutôt, puisqu'il s'agit d'interactions au sein d'une équipe, de services ou d'un groupe.

Associées aux valeurs humaines, on retrouve également les notions de performance et de productivité : on s'associe pour partager des compétences, des services et une motivation commune. Les sondés observent que le collaboratif a un impact positif sur les critère suivants :

- le partage des connaissances, (pour 69% d’entre eux)

- la productivité des équipes (65%)

- la résolution des problèmes (62%)

- la motivation des salariés (60%)

- ou encore la créativité (59%)

On notera malgré tout que 15% des français ne savent pas encore en quoi consiste le travail collaboratif. 

LES COMPORTEMENTS MANAGÉRIAUX, PREMIER FREIN AU TRAVAIL COLLABORATIF

Qui dit travail collaboratif dit travail collectif et mutualisation d'idées et de travaux. Quid de l'organisation interne et des rapports de hiérarchie dans ce nouveau mode de fonctionnement ? 

Pour Julia Pironon, directrice clientèle au sein d'Ipsos LEAD, « le travail collaboratif est perçu comme largement positif sur le travail au quotidien, lorsqu'il s'accompagne d'une transformation culturelle et organisationnelle de l'entreprise ». N'est pas participatif qui veut, du moins, pas sans adaptation structurelle interne.

Aujourd'hui, sont mis en cause comme principaux freins au collaboratif, les comportements managériaux et le manque d'adaptation des méthodes de travail. Si on souhaite profiter des effets bénéfiques du collaboratif, une remise en cause des méthodes internes est nécessaire. Pour presque 30%  des sondés de l'étude, c'est même « la culture trop cloisonnée et rigide de l'entreprise » qui constitue un obstacle majeur.

Etonnamment, ni le manque d'outils ni le manque de flexibilité des espaces de travail ne représentent d'obstacles sérieux à la mise en place de pratiques participatives. C'est une histoire d'humains, on vous dit !

LES SALARIÉS LES PLUS ENCLINS AU COLLABORATIF : MILLENIALS, CADRES ET PARISIENS

 Au-delà des comportements managériaux qui, on l'a vu, peuvent faire obstacle à sa mise en place, tous les salariés n'ont pas le même rapport au collaboratif. 4 profils ont été identifiés par Ipsos :

  1.             Les salariés en intelligence collaborative aboutie (23%)
  2.            L'intelligence collaborative en phase initiale (29%)
  3.          Les contraints (18%)
  4.          Les isolés  (19%)

Les salariés en intelligence collaborative aboutie sont majoritairement des cadres plutôt parisiens appréciant la culture de leur entreprise. Sans surprise, ils appartiennent à la génération Y, les « millenials ».

Les  2ème  et 3ème catégories regroupent les employés qui pratiquent de « temps en temps » le collaboratif ou qui y sont « contraints ». Issus majoritairement des professions intermédiaires, ils constatent qu'une transformation de leur entreprise est en cours.

Enfin, la catégorie des isolés représente les salariés peu convaincus par l'impact positif du collaboratif. Ce sont majoritairement des 35-44 ans, ouvriers, travaillant essentiellement en Île-de-France (hors Paris) et en province.

ET L'INNOVATION ET LE DIGITAL DANS TOUT ÇA ?

Finalement, les salariés français associent peu le collaboratif à l'innovation ou au digital. Preuve que cette pratique n'est pas réservée uniquement aux startups ou à la French Tech. Point besoin d'outils digitaux développés pour s'y mettre. Pour Julia Pironon, associer le collaboratif à la créativité et l'innovation est peut-être le prochain territoire de communication à explorer.

Cependant, l'étude montre une corrélation entre taux d'équipement de l'entreprise et travail collaboratif. Ainsi, des process internes innovants et digitaux ne sont pas obligatoires mais serviront de facilitateurs ; rien de surprenant à l'heure de la transition numérique.

Si le collaboratif est en réel progrès, c'est surtout le cas à Paris et en Ile-de-France. Pourtant, ce mode de travail n'est pas réservé à un secteur ou à une activité en particulier. Tous les sondés s'accordent sur le fait que l'entreprise se transforme et renouvelle ses pratiques, mais sans adaptation des comportements managériaux, les nouveaux modes de travail ne pourront s'implanter durablement.

Alors transformons nos rapports pour transformer l'entreprise ! 

La culture de la collaboration en progrès dans les entreprises



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